THE CLASH *

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THE CLASH *

Message  Edward J. Clash le Sam 19 Jan - 19:57



« EDWARD CLASH »

Tout sous NC - 21

Chapitre I : Le Baiser de l'Iscariote.
« Le premier de Leurs Pêchés. La Pédophilie. »


1973.


    Dans l'obscurité de la chambre, un sourire se dessine derrière un voile d'amour. Je me réveille, j'écarquille les yeux. Etrangement, mes douleurs reviennent, mes crampes me déchirent l'estomac et je me replie sur moi même. J'entends le plancher grincé, et tout de suite mon corps entier vascille, je fond en larme. Je tremble comme une feuille que le vent d'autumne maltraite. Je suis baladé dans la bise gentille et mordante. Je plonge mon visage dans mes mains quand je sens le froid me mordre le dos. Le sourire est toujours accompagné d'une page d'ombre. Il sait que j'ai peur, pourtant il me touche, il pose sa main sur moi, m'arrachant un petit hoquet d'inquiétude. J'ai tellement peur. Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu me fais du mal ? Tu te rapproches de moi, me prend la main et je n'ai sans doute pas la force de te résister, de te dire non. Je ne comprends pas après tout, n'est-ce pas ? Je suis encore trop jeune, sans doute. Ma main touche quelque chose et je cligne des yeux. Ton autre main vient caresser doucement le haut de ma tête, mais déjà mon corps se tend. Je ne veux pas, je ne peux pas.

    « Hey Eddy, tu veux jouer ? »

    Je lève les yeux vers lui, croise ses prunelles transperçantes. Il me tue en me regardant. Sa main presse la mienne contre sa peau, non, contre son jeans. J'ai peur. J'ai cinq ans, ais-je le droit de jouer à ça ? Il lâche soudainement ma main, mais je sais que si je la retire, il deviendra violent. Je ferme les yeux, renifle et enfile mes larmes. Je ne dois pas pleurer devant l'ennemi, c'est ce que dit Papa. Je sens sa peau se découvrir, pourtant je ne vois rien. J'ai peur, peur de lui faire du mal et qu'ensuite il m'en fasse. Je recule un peu, mais c'est peine perdu, il me rapproche à lui, l'enlace. Je sens sa respiration sur moi, enivrer doucement de cette odeur âcre de vin mon visage, le caressait de sa respiration chaude et odorante. Je clignote des paupières.

    « Allez, soit gentil, fait comme tonton t'as montré. »

    Ma voix reste bloqué dans ma gorge, je suffoque. Sa main puissante empoigne mes cheveux quand il s'écarte et doucement il me ramène à ma main, précédement poser sur son corps. Je trésaillis, j'ai si peur, si honte de m'abaisser à ça. Je finis d'enlever sa culotte, car sinon il me frappera encore, et je devrais encore mentir. Je n'aime pas mentir, Maman dit que c'est mal. Faut il suivre les conseils de sa mère ? Assurément. Je touche, je masse comme Tonton me l'a dit. Il a souvent mal à son zizi car Tata lui fait pas ça. Enfin, c'est ce qu'il dit. J'ai pas très bien compris. Parfois, il ne m'appelle pas Eddy, il gémit des mots incompréhensibles. Parfois, il m'appelle comme mon frère. J'ai un peu honte parfois, je me demande toujours si ce que je fais est bien, mais il me demande trop souvent de ne rien dire. Peut être est-ce interdit ? Je n'ai pas envie que Papa se fâche contre moi.

    « Hey, Eddy. Fais comme Rex, s'il te plaît. »

    Eddy. C'était mon surnom, un peu affectif. Je m'appele en réalité Edward, mais Tonton n'a jamais trouvé ça joli. Peut être car mon Papa s'appelait comme ça ? Tonton et Papa, même s'ils étaient frères, ne s'étaient jamais aimés. Quand Papa s'était séparé de Maman, Tonton était venu de plus en plus souvent à la maison. Il ne venait pas pour Papa mais pour Maman. Papa disait souvent que Maman n'était qu'une salope qui se fesait tirer par tous les sorciers du coin. Je savais pas ce qu'était une salope, et je n'avais pas eu l'idée de lui demander. Papa n'était pas méchant, mais il avait la main leste. Sans doute car son père lui avait souvent répété qu'une « Correction mérite mieux qu'un Sermon. » J'aurais du faire comme Rex, mais l'odeur me donnait un haut le coeur.

    Je n'avais ni l'envie, ni le courage de faire ça. J'avais tout sauf envie de le faire. Sa main appuya sur le haut de mon crâne, me forçant à faire comme Rex. Rex, s'était le chien à Papa. C'était un berger allemand, un chien très gentil mais Papa avait pas confiance. Il disait qu'une fois arrivé au sang, le chien y retourne. Je ne savais pas, je savais rien. Je sortie doucement la langue, ma tête pressée par la main de cet homme qui se disait bienveillant. Je laisse glisser ma langue sur sa chair, il trésaillis mais j'ai peur. Peur de le brusquer, de mal faire. Mon dieu. Où es le Très Haut quand on a besoin de lui ? Mes larmes comment à couler, le goût est horrible, âcre même. Je lâpe comme quand Rex est content, mais je sais que ça ne suffira pas, comme toujours. Il gémit comme un ogre, prêt à me dévorer. J'ai peur de ses babines, de ses crocs, de son gosier où sa pomme d'adam va et vient au rythme de ma langue. J'ai peur, tout simplement. Pourrait il comprendre. Je recule, prêt à lui dire que je ne veux pas quand sa main intercepte ma nuque et m'y force, appuyant mes lèvres sur sa peau. Son épiderme est mouillé, poisseuse même. Ca me dégoûte. Je commence à pleurer, mais il ne veut pas lâcher et il m'étouffe avec. Je suffoque, commence à me débattre. Je ne respire plus, je meurs. Je me convulse, mes yeux se révulsent quand soudain, c'est la liberté.

    Je retombe lourdement dans mes draps et j'essuie du revers de ma main mes lèvres. Je me sens souillé, je me sens sâle. Mais le fardeau ne fait que commencer, comme chaque soir depuis que Papa est partit, depuis que Papa a fuit la maison et m'a laissé ici. Je lui en veux de ne pas avoir su me protéger de Tonton et de Maman. Maman ne dit rien, mais je sais qu'elle sait. Je lui en ai parlé, mais elle n'a rien dit. Elle m'a giflé en disant que mentir n'était pas bien. Maman est une menteuse aussi, mais moi, j'ai pas le droit de la tapper. Je haïs Maman, Maman est méchante. C'est une salope, comme dirait Papa.


    « Hey! T'as été vilain avec Tonton, Eddy... »

    Je le regarde, sa masse mouvante dans l'obscurité et seules ces prunelles qui luisent dans l'obscurité. Ca m'arrache un hoquet de peur. Bon Dieu, oui, j'ai peur ! Peur de lui et de ses orbites, de ses iris d'un bleu devenu écarlate. J'ai peur, tout simplement. Je saute du lit et fuit. Il a fermé la porte, je me retrouve face à lui. A moitié nu, comme ça. Je tremble comme une feuille sur laquelle le vent semble s'acharner. Je me retourne et frappe la porte. Il faut qu'elle me m'ouvre.

    « M'MAM! M'MAM! M'MAM! »

    Je sais qu'elle est là, qu'elle entends, mais elle ne fera rien. Elle aime Tonton, a dit Papa. Et alors ? Moi, elle ne m'aimait pas, car j'étais comme Papa et Tonton. J'étais comme eux, même si je le voulais pas. J'ai fermé les yeux, j'ai frappé. Pas longtemps du moins. Ma tête a frappé la porte et je suis tombé sur le sol, sur le dos. Mon nez s'était mis à saigner, et finalement, je n'avais pas su rester un homme. Je pleurais. J'avais mal, j'aurais eu l'impression de baigner dans mon sang si je savais qu'il n'était pas là, à jouir de mon malheur. Car c'était bien ça, en réalité. Il aimait me voir comme ça, à genoux devant lui. C'était son fantasme refoulé, celui du dominant qui frappe. Papa m'avait tout raconté : Tonton n'avait jamais été aimé de son père, ivrogne incurable, qui le battait. Etait-ce une excuse ? Non. Il s'est tourné, cherchant en vain un torchon ou un doudou pour s'essuyer. J'ai rampé comme un cloporte, minuscule être humain parmis les vermines.

    « Hey, Eddy ? Où tu vas comme ça ? »

    C'était de cette voix là que j'avais peur. Tremblante de plaisir.
    Il n'était pas un homme, il était une bête. Tout comme Papa et moi. Mais Papa m'avait dit que nous ations des bêtes à sang, pas à faire du mal aux enfants. Mon Papa était un macho, il n'aimait pas que les femmes soient à sa hauteur, mais il y avait du bon dans ce comportement : « il voyait les enfants, filles ou garçons, comme la pureté même, s'efforçant de protéger l'innocence et l'inconscience de leur esprit en leur épargnant les épouvantables choses de la vie réelle ». Papa parlait, mais moi je ne comprenais pas. Je ne pouvais pas lutter. Sa main attrapa le sommet de mon crâne et me souleva au dessus du sol. Je fus pris de sanglots violents, hurlant à l'aide, hurlant ma mère. Bon dieu ! Que cette salope ouvre cette foutue porte et me sauve ! Rien ne venait. Il restait là, attendant le moment où je bougerais pour me fracasser. Je sentais mes côtes se mouvoir en moi, sensation déplaisante, s'amusant à fricoter avec mes organes.

    Haut le coeur. Il rapprocha son visage du mien, son haleine putride caresse mon visage. J'ai peur, j'halète, je déglutit difficilement. Peut être que je n'y arrive même pas en réalité. Je suis terrifié. Maman ne réponds pas. Pourquoi Maman ? Il y a des bruits au rez de chaussé. Tonton s'écarte de moi, me lâchant sur le sol et ouvre la porte. Je restais là, inquiet, j'ai tout simplement peur, peur de tout et de rien. Des paroles s'élèvent, il y a un cri de femme, un cri strident. Tonton se dégage de la porte, il avance dans le couloir. Je rampe doucement et passe la tête par celle-ci. Je cligne des yeux, mais dans le noir je vois comme en plein jour.


    « Edward ? »

    Je me retourne, mais je ne vois pas d'où vient la voie. Je tremble doucement, ramenant mes genoux contre moi. Les bruis sont graves, sourds, et je ne discerne pas les paroles. Ca ne fait qu'un gros bourdonnement où des mots plus suceptibles à être comprit s'élève. « Enflure, enfoiré, fils de chien... » Les insultes pleuvent. Mais j'ai peur. La voie est toujours là, résonnante dans ma tête. Ca frappe à mes tempes violement, ça les réduit en sang.

    « Edward... »

    Je me retourne finalement, toujours rien. Je commence à pleurer en silence. Des bruits s'élèvent, plus violents, les mots deviennent plus distincts mais mes reniflements couvrent ceux-ci. Une main se pose sur mon épaule, m'arrachant un long frisson. Mon hoquet de surprise si habituelle se perd dans l'étreinte fraternelle. Je me sens soudain mieux dans les bras de mon frère. C'est étrange cet impression de chaleur, de douceur après la violence. Je devrais le haïr, mais je ne peux pas. C'est mon jumeau, c'est ma moitié, mon être pur. Le contraire de moi. Je suis Caïn, il est Abel. Je suis Achille, il est Patrocle. Je suis Alexandre, il est mon Hephaïstion. Notre amour va plus loin que celui des enfants. Moi je l'aime, mais pas lui. Il se sert de moi à ses fins, détournant mon attention pour la sienne. Un manipulateur en somme, mais moi frère jumeau avant. Mon cadet.

    « Eliott ! J'ai tellement eu peur.. Tonton m'a... »
    « Je sais, Ed'. Calme toi, je suis là maintenant. »
    « Y font quoi en bas ? Et toi, t'es pas avec Man' ? »
    « Man' m'a dit de monter. J'ai vu des hommes, des grands. Y a Papa. »
    « Y a Papa en bas ? C'est pour ça que ça crie. »
    « C'est drôle car Man' avait peur quand elle a vu Pa' »
    « Papa dit que Man' est une salope. »
    « Ca veut dire quoi ? »
    « J'sais pas. »

    Il était mon alter ego. Sans son coeur, sans sa présence, je n'étais plus rien qu'une merde sans nom. Il était Eliott Clash, j'étais Edward Clash. Un bruit plus fort que les autres nous surpris. Je regardé Eli' avec une sorte d'incompréhension dans le regard. Papa n'était pas méchant, mais Maman oui. Elle ferait sûrement du mal à Papa. A cette idée, mon coeur se serra et je me collais un peu plus à Eli'. J'avais tellement peur. Il m'a repoussé doucement, et avec un sourire aux lèvres, il m'a levé du sol. J'ai regardé le corridor sombre en tremblant. Il me fait toujours peur ce couloir. Il est long, trop long, et sombre. Papa disait que le Croquemitaine se faufilait sur le plafond et les murs... Ca, c'était pour pas que je me lève pour aller dormir dans leur lit. Quand ils étaient encore amoureux. Eliott tire sur ma main et me traîne doucement dans le noir. Je me rapproche de lui, le colle. J'ai tellement peur. Je ferme les yeux et déglutit péniblement. L'on voit enfin de la lumière. Pâle, satiné. Maman a laissé la lumière de l'halogène allumé, sûrement. Elle l'oublit tout le temps, et nous crit dessus. Mais ça n'est pas nous. Il ne faut pas répondre, sinon on se prend une gifle. Maman est une menteuse. Maman est une salope.

    Eliott reste à couvert quand moi je me faufile comme une ombre dans les escaliers. Je vais doucement et sûrement pour ne pas faire gémir le bois. Le chêne est vieux. Maman dit souvent qu'il souffre lorsque l'on marche. C'est comme quand Papi a des rhumatismes. Pa' dit que Maman ment, et que le bois ne vit pas. Contradiction. Ca ne pourra jamais marcher entre un NoneWay et une SilvaHood. Trop différents, trop éloignés par la pensée et le coeur. L'un froid, l'autre amoureuse. Je clignote des yeux. Dans mon salon se tient trois grands hommes, habillés de chandailles, de vieux habits déchirés. Des petits cris surviennent, petits et aigûs. Un long râle termine une vie, mais laquelle ? Je prend peur, si c'était mon Papa ? Eliott n'a pas le temps de m'arrêter que je m'élance dans les escaliers, je glisse le long de la rampe dans un mouvement agile de jeune enfant et j'atterit sur le sol.


    « EDWARD ! »

    Je reste choqué. Sur le sol, trempant mes pieds, le sang de Tonton s'écoule lentement. Ces entrailles traînent sur le sol, marquant celui-ci d'un rouge vif et bordeau. Les larmes montent. Papa est venu me chercher, mais il a tué Tonton. Je ne ressens rien pour ce dernier, mais je crois que Papa m'aime. Oui, il doit m'aimer comme je l'aime, sinon il n'aurait pas fait du mal à Tonton pour moi. Eliott arrive à ma suite, mais il hurle. La peur nous prend les tripes. Eli' glisse le long du mur, secoué par de violents spasmes. Crise de panique. Un des hommes s'approchent de lui et le matiens au sol. Une crise comme celles que l'on a tous les deux ne se calment pas, ou avec le temps. La seule précaution est de nous maintenir au sol. Nous faisons des mouvements brusques et violents, il nous arrive d'avaler notre langue, de nous mordre, de frapper notre crâne sur le sol. De ne plus respirer. Papa ? Où es tu mon Papa ? J'ai peur, je m'affole. Un homme s'approche de moi, me cachant la vue. Je chouine, mes yeux se remplissent de l'arme. J'ai peur de lui, d'eux. Que font-ils chez moi ?

    Le grand homme me regarde d'un air pitoyable. Pourquoi Papa a dit de nous laisser ? Pourquoi ce grand homme l'appelle Clayton ? J'ai si peur. Je me décalle et se découvre à moi un spectacle horrible. Je vacille. Papa ? Papa ? Pourquoi tu fais comme Tonton à Maman ? Je recule, horrifié, terrifié. Je tombe sur le sol. Je ferme les yeux.

    Le noir complet...


Dernière édition par le Lun 18 Fév - 6:04, édité 1 fois
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Re: THE CLASH *

Message  Edward J. Clash le Ven 25 Jan - 20:31

    Avais-je était là quand mon frère en avait besoin ? Mon oncle était il le salopard trop bien prudent qui avait fini par expérier ces pêchés ? Mon père était il ce batard qui fermer les yeux et ne les ouvrer que maintenant, se vengeant de ma mère par le même sort qu'il cherchait à abolir ? L'idée me paru suffisante. Je me réveillais dans un lit d'hôpital, je tournais instinctivement ma tête, me tirant une douleur à la nuque qui fut rapidement masquer par ma joie. Mon frère était là, il était proche de moi quand je n'avais pas su être là pour lui.

    Eliott et moi étions de vrais jumeaux. Rien ne nous distinguait parfaitement. Mais de nous deux, j'avais toujours été le plus dur. Le psy avait toujours dit que mon frère était fragile, que j'étais le côté masculin de la même personne que nous partageions. C'était faux. Eli' et moi, nous étions deux personnes différentes. Il était parfois malade, j'étais parfois en pleine santé. Il y avait certes ce présentiment de mal qui vient vriller les trips quand sa moitié se blesse, mais Eliott n'avait pas ça. Il ne pouvait tout de même pas rester insensible à ma douleur lors de ces soirs ? Pour moi, le Docteur Cohen n'était qu'un enfoiré de juif qui cherchait à nous ruiner. Comme tout ceux là. Ils vendaient les bijoux qui avaient circulés lors de l'Apartheid pour des futurs époux. Mon Père haïssait ces gens, avec leurs capotes sur le crâne leur donnant l'air de rabin en quête, leurs petits yeux globuleux, d'un noir d'encre, et leurs cheveux frisés, leurs favoris entortillés, leurs dents trop blanches et leurs sourires trop beaux pour être honnêtes. Papa disait souvent que les Juifs, les Cohen surtout, n'étaient que de la vermine.

    Maman et Tonton disaient que ces propos étaient ceux de Grand'Pa'. Je ne l'avais pas connu, ni Eliott d'ailleurs. Il apparaissait comme un grand homme, sportif, mais rien dans le crâne. Encore un de ces analphabètes qui avaient crus tout voir qui avaient finis aveugles, virés de leurs métiers. Quarante cinq ans qu'il avait donné à l'armée pour finir sur le trottoir, aux premiers plans de licenciements. Il n'avait même pas eut une bonne retraite après ce qu'il avait fait pour la société. Grand Pa' n'était pas un sorcier, c'était un résidu de loup garou incapable de lever une baguette. Il avait été filtrer dans une compagnie spéciale, composant une élite. Devenu trop vieu, le petit chien chien de l'Etat avait été expulser, sous quoi il n'avait même pas eut assez d'argent pour se payer son enterrement et rembourser les frais pour sa foutue BMW. Marque allemande. On ne renit pas sa patrie après tout.

    C'est quand je me suis réveillé que je me suis dit « t'es qu'un foutu bosh ». Eliott était différent. Nous avions tous deux les yeux bleux, nous étions identiques, mais... Il n'avait pas ces préjugés. Il prenait les gens tels qu'ils étaient. Il était naïf, doux. Trop peut être. A ce moment, Papa a passé la porte. Il poussait violement la porte, il a balayé nos deux corps d'un regard effrayé, puis il s'est jeté sur moi comme on se jette sur de la bouffe une fois affamée. J'étais son steack, et je serais longuement dégusté sous une salive répugnante tellement elle n'était pas pure. De l'autre côté, Eliott me regardait avec cette folle envie de crier qu'il existait, lui aussi.

    Là était aussi un point essentiel de nos différences. Il était cet enfant qui n'avait toujours été chéri que par sa mère. Rendu trop féminin pour mon père, il s'était résolu à être docile à sa géntrice, abandonnant le rêve secret de plaire à ce bon vieux Clayton Clash. Je ne réagissais pas, je restais inerte dans ces bras. Avec le temps, peut être qu'il avait réussi à nous différencier ? Il n'était pas un bon père, mais un fin observateur. Il me reposa finalement sur le lit blanc, me dévisagea longuement. J'étais paralysé, terrifié à cette seule idée d'avoir toujours été le préféré. Je voulais être haïs, ressentir ce que ressenter Eliott. Mais je le ressentais, bordel! J'avais toujours été rejeté par ma mère, sous prétexte que j'étais comme « cet abrutit de Clay ». Un ivrogne, un alcolique ? A cinq ans, j'étais déjà classé : indésirable.


    « Pa', moi c'est Eliott. »

    Il me regarda, se tourna vers le vrai Eli', et d'une mine contrariée changea de lit. De dans les bras de Clayton, je voyais le sourire ravi d'Eli'. Il n'avait jamais eu cette chance, cette infinie tendresse de finir dans les bras puissants et chaleureux d'un père trop aimant l'un, délissant l'autre. Je le regardais, la larme à l'oeil. J'avais pitié, j'étais mal à l'aise. Je me sentais tout simplement faible face à ce spectacle. Etait-ce ça, Papa, que tu faisais subir à Eliott, à chaque visite à la maison ? Je pleurais silencieusement, me tournant dans mes draps. Bon dieu que oui, ça faisait mal.

    Il se releva après avoir glisser quelques mots à Eliott, me prenant encore pour lui. Pourquoi ne me reconnaît il pas ? Pourquoi! Il se leva en ma direction, passant sur mon front sa main rendue rugueuse par le travail. Il me regarda avec cette froideur qui aurait été réserver à mon frère. Il me regarda, droit dans les yeux, avec ce tel détachement, me glaçant les sangs.


    « Soit fort, Eli'. »

    Puis il repartit, comme si ne s'était jamais rien passé. Il avait regardé Eliott comme si ça avait été moi, avec cette telle douceur, et était passé à un extrême avec moi. Je restais dans mon lit, étendu comme ça, comme si ne s'était rien passé. Qu'est ce que j'avais dit ? Pourquoi avais-je fait ça ? Les sentiments de mon frère étaient ils passés en moi et avais-je cédé à son caprice ?

    « Edward. T'es fâché ? »
    « De quoi tu veux parler ? » rallais-je.
    « Merci. Pour Papa. C'était gentil. » Sa voix était mielleuse.
    « Dit pas merci... »
    « Je suis désolé, Ed. » Il renifla.
    « Pourquoi tu le serais... ? »
    « J'ai... J'ai rien dit. Je savais ce que Tonton et toi et... »
    « Tais toi, Eli. »
    « Mais je sais... »
    « Tais toi je t'ai dis ! »

    Et il eut un silence, ce genre de silence qui fait peur car il fait éffondré le monde entier sous ces pieds. Quelques minutes après, je m'endormais. En quelques heures j'étais passé du stade de gamin de cinq ans à celui d'enfant mature qui comprenait la vie. S'il fallait se faire baiser par tous les connards de ce monde, alors je serais celui qui baiserait plutôt que celui qui serait baiser.
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Edward J. Clash
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Re: THE CLASH *

Message  Edward J. Clash le Ven 25 Jan - 20:33

    Le lendemain, on nous réveilla à l'aube. Clayton était là, accompagné d'une de ces collègues de travai, au ministère de la magie d'Amérique. C'était peut être une de ces langues de plomb ? Papa ne parlait jamais de son travail, ni de ses occupations. Langue de plomb. Eli' et moi avions d'abord cru qu'il avait une langue lourde, peut être même qu'elle avait été tremper dans du plomb, mais avec les petites années, et les anneries de ma mère, j'avais bien compris que ce n'était pas sa langue qui était lourde, mais les secrets qu'elle pouvait dévoiler. A forciori de mensonges et de secrets, elle s'alourdissait jusqu'à être comprabale à celle en plomb. C'était un peu comme mon coeur. Avec le peu d'années que j'avais vécu, je pensais avoir un coeur comparable à celui en plomb.

    « Edward et Eliott, vous allez sortir. Vous savez que votre organisme se regenèrent plus rapidement que celui d'un sorcier normal. Nous avons reçut une permission de sortit pour vous deux, afin que vous rejoigniez la maison le plus rapidement possible. Vous allez enfin pouvoir regagner la Haus. »

    Eliott était heureux, je le ressentais, mais moi, c'était différent. Mon estomac se vrilla violement, me tirant une grimace. L'idée de regagner la maison ne m'enchantait pas. J'aurais voulu fuir, ou rejoindre cette fameuse école dont parlait Tonton. Il y avait été, avec Papa et Maman, avec toute la famille, car nous étions des sangs purs. Les héritiers, les seuls héritiers. Ma mère, Ashley Over, n'avait pas eu de soeurs, ni de frères. Mon père n'avait eut qu'un seul frère, mon Oncle : Will Clash. Dans cette famile, avec ce frère angélique qui ne l'était pas tant, je ne me sentais pas à l'aise.

    Doucement, mon père glissa sur le sol, comme un déchet de l'humanité. Il se glissa jusqu'au lit d'Eliott et l'embrassa avec tendresse, presque amoureusement. Et moi, dans l'histoire ? Etait-ce censer donner le grade d'Edward à la place de mon jumeau ? C'est ça ? J'étais ce malheureux petit Edward qui avait vécu toute sa vie comme l'exemple à suivre et qui se plaigner d'être la copie pendant deux jours ? Je ne riais pas. Mes lèvres traçaient sur mon visage une droite parfaite, impassible. A cinq ans, c'est drôle comme les choses peuvent venir jusqu'au cerveau avec une vitesse lente et calculée. Il s'approcha de moi, lui, Clayton, et me tendit la main, sincérement et franchement. Hésitant, je l'attrapais. En bon joueur, il se pencha vers moi, approchant ces lèvres de mon oreille, mimant une embrassade.


    « Prend soin de ton bruder. Je t'aime, tu sais. »

    Le choc. Depuis toutes ces années, je n'avais jamais vu nos rôles inversés. J'aurais du comprendre qu'étant le plus fort, un jour où l'autre tout se passerer ainsi. Je passerais du stade de favori à celui de perdant, comme l'était mon frère. Aurais-je voulu admettre que j'étais de la firme des ombres, un simple looser qui n'avait jamais vu plus loin que le bout de son nez ? Bon dieu que non! J'étais un battant! J'étais un Clash! Un foutu loup garou qui aurait bouffé sa mère s'il avait eu faim! Ma mère ? Je n'avais pas eut de nouvelle depuis... Un frisson me remonta l'échine. Le vide soudain me rappela à la vie. J'ouvris les yeux, me retrouvant dans une voiture au ronronnement délicat. Je battais des cils, m'apercevant que nous étions sortis de l'hôpital sans même que je ne m'en apercoive.

    Les effets des calmants, pour la douleur. J'avais toujours cette crampe à l'estomac, mais je n'avais pas mal. C'était étrange. Je regardais l'intérieur de la voiture, plutôt chic. Une doublure en coton pour un rêvetement de cuir noir. Plutôt sobre. Sans décoration. Juste le cuir et mon épiderme. Je dégageais de devant mes yeux la mèche inébranlable et rebelle que je m'étais donné pour fierté, et je fixais devant moi. Etait-ce un miroir ou Eliott ? Le premier signe de cette ressemblance frappante était bel et bien là : le miroir. Il était identique, tellement que ça en devenait troublant. C'était une partie de moi même que je confondais avec un miroir. Un mauvais miroir. Je levais la main, mais pas le reflet. Alors c'était bien lui.


    « Bien dormi ? » Souria-t-il.
    « Oui... Ca va... Et toi... ? » J'hésitais. Je voulais fuir.
    « Oui, aussi. Merci. Tu sais, Maman, elle est... »
    Fermer les yeux, fuir, ne jamais plus y repenser. J'ai mal !
    « Maman, elle est vivante. Elle nous attend à la maison. J'aime Maman, tu sais. Elle a toujours été gentille. Ca me fait plaisir de la voir. »
    « J'aime pas maman. » Je grimaçais violement.
    « Pourquoi ? »
    « T'as toujours été le favori. » Il cligna des yeux, hébété.
    « Mais maman nous aime tous les deux. »
    « Tais toi, tu sais très bien que c'est différent. »
    « Edward, tu sais bien que Maman t'aime. »
    « Moins. Toujours moins que toi, Eliott. »

    La voiture s'arrêta finalement devant blanche, même si son allure général lui donnait un côté obscure. Quelqu'un ouvrit la porte, la collègue de Papa de tout à l'heure. Eliott descendit le premier, et je suivis le pas, comme un garde du corps rapidement attritré. Je ne méritais pas d'être la copie, moi. Je voulais être Edward. Je voulais être moi. Eli' s'approcha de Maman et écarta les bras, et Maman l'acceuilli en larmes. Et moi ? Une fois Edward, je n'aurais droit qu'à des belles paroles, moi. Je soufflais sur ma mèche, finissant l'allée pour me réfugier auprès de mon père.

    Je levais mon regard sur lui, j'essayais de comprendre pourquoi il la regardait toujours avec ces yeux amoureux après ce qu'elle lui avait fait, ce qu'il avait fait lui aussi. Etait-ce peut être pour expier ces fautes, ces viols répétés dont nous étions issus ? En me retournant, je peux apercevoir les larmes d'Eliott. Je l'enviais. J'enviais ce désir d'être vivant, de toujours survivre à tout, de voir le bon côté des choses. Moi, j'en étais incapable. J'étais un petit dans le monde des grands, mais malgré ça, je ne comprenais toujours pas. « Le pardon » aurait dit le Père Luce de la Paroisse près de l'école primaire. Foutaises, oui!

    J'avançais sur le chemin de gravier blanc. C'était comme gravir les marches d'un palais : à la fois excitant et effrayant. Que trouverait-on là haut ? Une princesse, une sorcière, une reine, un roi ? J'avais peur de me retrouver désarmé face à un dragon. Peur de tout. Je levais le regard vers ma mère, et elle me sembla peiné, attristé, choqué ? Non. Juste rien. Froide et distante, comme toujours. Elle se pencha vers moi et m'envoya volé, une gifle claquant ma joue. Je fus retenu par les pavés sur le sol, le pavé froid comme sa claque. Je relevais vers elle un regard bâtard, inquisiteur. Je lui en voulais, je lui en voulais de ne pas avoir ouvert cette putain de porte le soir où il m'avait prit, tous les soirs où elle m'avait entendu gueulé la mort et qu'elle s'était drogué pour mieux dormir, pour oublier.


    « T'es qu'une salope. »

    Mon père me retira et envoya ma mère sur le gazon. Il appela finalement la Ministère, la brigade magique, et ils vinrent chercher ma mère. Elle me regarda d'un air méprisant. Elle me haïssait, et alors ? Elle l'avait bien cherché dans le fond. Je ne méritais pas ça, et Eliott non plus. Mon jumeau s'avança, ressentant sans doute mes émotions comme je perçais à travers les siennes. Je fermais les yeux fort, pour ne pas la voir se débattre, hurler, et j'imaginais. Comment avait elle pu ne pas se rendre compte que je souffrais ? Eliott éclata en larme et nous partions finalement au lit, sous le regard de mon père. Nous avions deux chambres séparés, par soucis de confort. Avec l'argent que mon père escroquait, il pouvait bien ça.

    Pourtant, le noir ne m'approta rien que de rassurant. Je fermais les yeux, repensant à ces derniers jours. En vain. Mes cauchemards revinrent, jusqu'à que quelqu'un pousse la porte, doucement. Elle grinça, s'imobilisa, puis reprit son parcours. Une petite silhouette se montra sur le seuil, avant de le franchir timidement. Je le reconnu aussitôt. C'était ma moitié, mon jumeau. Abel, en somme. Je me rétractais rapidement sous mes draps quand sa petite voix, fluette et claire, sonna dans le silence comme une accusation.


    « Je peux dormir avec toi ? J'ai peur du noir. Je fais des cauchemars. »
    « Oui. »

    Je n'aurais rien pu exprimer d'autre que ce désir d'être clair. Qu'il vienne. Qu'il dorme. Je restais là, dans ce coin du lit, isolé de tout. Je redoutais le moment où il s'approcherer de moi, avec cette douceur pieuse alors que moi, je ne voulais pas. Je voulais dormir et oublier. Lui, il parlerait sans doute, encore et toujours. Mon corps se contracta à son contact.

    Je savais. Maman ne reviendrait pas. Et alors ? Il attrapa ma main. J'ouvris les yeux, déglutissant péniblement. Ce moment, je l'avais mille fois redoutés, ressassés dans ma tête en me persuadant que ce n'était rien qu'un coup stratégique, redoutable aussi. Non, tout ça n'était qu'un vulgaire lueur face à la vérité. Je reniflais. Il ouvrit les yeux, et il m'embrassa. Je sentis ces lèvres, d'une douceur chaste, se posaient sur les miennes. Un léger frisson, puis l'angoisse. Mais c'était diférent. Eliott était différent. Il ne voulait pas « ça », non. Il voulait le réconfort d'un frère. Mon réconfort. Mon soutient dans sa tristesse.


    « Je t'aime, Eddy. Comme un frère, tu sais. »

    Je lui ouvrais les bras, l'acceuillant avec cette chaleur rassurante et humaine. Tous deux blottis, l'un contre l'autre, dans une position qui rappelait vaguement les échographiques, je m'endormis dans la sécurité rassurante de savoir qu'il serait là, pour moi, et que moi, je le soutiendrais, car telle était ma mission. Mais j'avais oublié.

    Le baiser de Judas fut le premier signe de la trahison.


« Et il lui donna un baiser. »
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Re: THE CLASH *

Message  Edward J. Clash le Ven 25 Jan - 21:03



« EDWARD CLASH »

Tout sous NC - 18

Chapitre II : Le Complexe d'Abel.
« Leur simple ignorance mena le pire d'entre Eux à la folie. »


1978


    La cave était un endroit froid et sordide. On y entrait par une petite trappe dans la maisonnette du jardin où il n'y avait jamais personne. Il fallait longer un long couloir, froid, à la pierre suiantante d'eau sale et verdâtre. L'eau croupi sentait mauvais, rendu âcre et amer par les temps et la boue. Après le couloir, il y avait une sorte d'escalier tout aussi inquiétant, aux marches traîtresses, sans aucune rampe. Un jour j'étais tombé dedans, je m'étais fracassé, mais personne ne m'avait relevé. J'étais resté deux jours dans la cave. Il y faisait froid, mais pas un froid sec, un froid humide à en faire tomber malade les plus résistants. Ce genre de froid que personne n'apprécit, en réalité, qui donne à l'ambiance une sorte de poid lourd et incompréhensible. Ca n'était pas l'endroit que l'on aurait choisi pour un voyage, c'était sûr et certains.

    C'était un endroit opposé à la réalité. Tout n'était qu'un large fardeau laissant le corps aigri et peureux, tremblant de peur et d'angoisse, tordant les boyaux à les rompre. Eliott et moi avions grandis ici, à côté de cet endroit sordide. Mon père n'avait pas changé, mais sa voix s'était changé, ses colères étaient plus durs, quoi que moins fréquente. Tonton était mort, enterré et pourri à cette heure-ci, dans un cimetière paien : la plus grande honte pour un croyant. Ma mère finirait ces jours dans un asile sous anti dépresseur. Pas à Saint Anne, non. Ca aurait été trop gentil pour elle. On l'envoya en Colombie, là où les femmes de son espèce sont découpées à la hachette. C'était peut être encore un mensonge de mon Père, ça.

    Les années s'étaient écoulées dans une parfaite harmonie jusqu'ici. A coup de bâtons et de claques, de coups de ceinture et de martinet. Couper les nerfs de boeufs ne faisait plus rien, et enrager plus que tout notre père. C'était peut être car nous n'étions pas totalement de sa chair, pas à l'image exacte qu'il aurait voulu, que nous étions ainsi. Je n'aimais pas mon père, ni sa nouvelle femme qu'il me forçait à appeler Maman. Elle n'était pas ma mère, juste un rapace tournant autour de mon cadavre putrifié. Une salope, comme des années au paravant j'avais dit à ma mère. Ashley n'était pas une reine, ni une princesse. Elle mentait, plus que la peste elle même. Elle empestait la mort à plein nez, le sang aussi. Toutes ces infamnies qui dégoutent les plus courageux.

    Cette année là, j'avais eut onze ans, tout comme Eliott. C'était drôle de savoir que quelqu'un était si près de soit. Eliott et moi, c'était fusionnel. Etant de vrais jumeaux, mon père attentait à Eli' pour mieux m'atteindre. C'était avant tout une douleur psychique plutôt que physique. L'idée de mon propre frère souffre, ça me donnait des nausées horribles, sans même parler des vertiges que cela accompagnait. Eliott et moi, c'était comme deux hémisphères d'une même planète, un tout et un rien. La haine de mon père s'amplifia quand il reçut la lettre de Salem. Il ragea intérieusement, serrant dents et poings pour ne pas cogner. C'était un peu le même cirque que son propre père avait fait des années au paravant.


    « Tiens! Voilà que Salem accepte les Loups Garoux?! AH! La belle mascarade! Tout ça pour soutirer le peu d'honneur qu'il nous reste, oui! A nous descendre plus bas que terre, notre peuple! AH! Le droit du sang, ils n'en parlent même pas ces enflures! »

    Mon père était ce que l'on appelait un Raciste. Il classait les gens selon leurs sangs, leurs races, leurs capacités. Pour lui, tout n'était qu'un grand classement. La naissance même était classée. Les mauvaises âmes finissaient sang de bourbe, quant aux bonnes, elle devenait forte et sang pur, riche selon les parents. Nous avions de la chance, selon ces dires. Même si parfois, il reprochait à Eliott d'avoir était un pêcheur.

    Ce qui était le plus drôle chez mon père, si l'on puit dire drôle, était ce petit truc qu'on les Loups Garous au coin de l'oeil, cette flamme éternelle de sauvagerie, de barbarie. Dans ces colères, cette flamme grandissait et nourissait enhaine ces prunelles métalliques et brillantes. Il n'y avait, sur terre, à ce moment, pas de Lycan plus connu et plus redouté que les Orlov. Pourtant, mon père s'était dressé face à eux, revendiquant à son tour le droit du sang pour son peuple. Clayton Clash s'était élevé face à Gregoriska Orlov, en vain.

    Il n'avait ni la force ni le moral pour gagnait cette partie qui me semblait alors perdu d'avance. Eliott et moi avions continué à être aussi proche, l'un veillant sur l'autre quand il était assoupi, s'échangeant les trendresses des frères dans des jeux de bagarres misérables tellement peu réaliste. Les soirs de pleine lune furent peu à peu moins douloureuses. Nous nous laissions aller dans la peur et le sang, avec cette frustration et cette excitation de louveteaux pleins d'assurance mais craintifs.

    Il nous traîna à Derby Path. Ca n'était pas le genre à aimer se montrer en public, d'autant plus que son travail lui arrachait les poches sous les yeux et il ressemblait d'autant plus à un mort vivant que sa peau en perdait ces couleurs. Notre nouvelle mère était dans le genre porto ricaine, avec un arrière train qui aurait fait le diamètre du mont blanc s'il était pas compressé dans un jeans déchiré pour laissé un peu sortir le boudin. Rikita. Rikita Cladez. Genre de pouf' que ma mère n'aurait jamais aimé. Mais moi j'aimais pas ma mère, alors j'aimais Rikita. Ca tronche de pékinois m'attendrissait, son petit air de m'as-tu-vu. Mais elle n'aimait pas Eliott. Pouvais-je lui en vouloir ? J'en avais voulu toute ma vie à ma mère du contraire. Sans doute que non, alors.

    A Derby Path, nous avons choisis ce que nous voulions pour l'école, pour Salem. En tant que Loup Garou, les animaux étaient craintifs à notre égard, surtout les chats. On s'est donc contentait de deux hiboux. Deux grands ducs à l'allure sombre, aux plumes noires. Rikita trouva nécessaire de prendre des hiboux jumeaux, comme si ma condition de copie ne me suffisait pas. Je m'en tiendrais là, sans râler. Pour faire plaisir à Clay, sans doute. En fin de journée, Papa m'a traîné, Eliott et moi, jusqu'à San Juan. Il nous a amené voir un homme, pas très net. Il avait de fausses lunettes, dont à l'une il manquait un verre. Un genre d'ermite, avait spécifié Rikita en gloussant joyeusement. Un des meilleurs tailleurs de baguettes.


    « OHW! Ma! Que passa! Un foutu poilu chez moi ? Des années, annos ! Si ! Maaaa, Segnor! »

    Dans le genre vieu mexicain, je crois que ce fou de binoclard gagnait des sommets. Il a prit la main d'Eliott, a regardé le fond de ces yeux, puis il sembla mourir. Il fit échappé une complainte, digne d'un chiant. Gémissant même. Comme si on venait de lui fendre le coeur en deux. Puis il éclata d'un rire aigüe. Il se retourna, attrapa d'une main un bout de bois usé par le temps, et d'une autre une plume. Il tailla rapidement, marmonnant des mots incompréhensibles. Devant Eliott, toute la magie possible s'animait. On y avait jamais vraiment penser ou agit. On avait des pouvoirs, on le savait bien, mais... On avait jamais usé de ça. On s'était toujours contenté d'être des loups, une meute résumait à un père et deux enfants, comme trois loups. Une petite meute qui aurait perdu la mère Alpa, rapidement remplacé par Rikita. Elle aussi était une sang pur, une sorcière, une loup garou.

    « Et si! Un... MA! Que rico! Por favoooor! Baguette de rosier, car épine dans le regard. Si, si. Traitre à la couronne, roseau pas bon pour les baguettes. Plume de corneille, car corneille être plus magique qu'un corbeau, mais être plus mauvais, comme pupille du jumeau. Si, si! »

    En cinq minutes, toute la vie d'Eliott venait d'être dépieuter. Il était mauvais, comme nous tous, comme Clay, comme Rikita, comme moi, et comme ce gamin qu'elle attendait. On le savait, mais elle ne voulait pas l'avouer. On ne s'accrochait pas à la cuvette pendant des heures pour rien. Je tournais mon regard vers mon Papa. Il sembla deçu, sur le moment, puis il esquissa un large sourire. N'avait il pas comprit ? Judas, l'Iscariote, c'était mon jumeau. C'était l'Antéchrist ! Non, en faite, je divaguais. Personne d'autre que moi avait renier mes Dieux. Tous ces salopards.

    Je m'avançais à mon tour sur le chemin de la Vérité, avec cette boule dans la gorge. Allait il me dire que je serais l'assasin ? Jésus ? L'Elu ? Foutaises! Foutre de Jean! Je le regardais, fronçant les sourcils à la seule idée que l'on pourrait me sonder l'esprit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Etrangement, il n'avait pas réagit. Qu'avait il vu ? Qu'avait il lu ? Papa m'a regardé, et j'ai compris. Legilimencie, Occlumencie. Ainsi dont, cet abominable mexicain l'était ? Je m'en serais douté d'un moment à l'autre. Je fermais les yeux, me vexant profondément à ce que l'on me dissèque comme un animal blessé. Je n'avais pas besoin d'être blessé ou achever. Travaillant, le Mexicain marmonna à voix basse.


    « Ma, por Nino, bois d'If, sciure de croc. »
    « De croc de ? »

    Il ne dit rien et me tendit la baguette. Je la pris, hésitant, puis je jettais un regard inquiété à mon père. Le Mexicain eut un sourire froid. Il n'avait pas répondu. Le Papa reprononça sa question, plus forte, plus lentement, mais pas une parole. Le vieu restera muet comme une carpe. Mon père s'approcha de lui, il tendit la main vers son épaule mais le vieu binoclard se dégagea rapidement et pesta, bavant littéralement.

    « Va dehors, bâtard. Tu souille... Maison. Tssss. Judas parmis toi. Tes reins d'Iscariote. Ton sang de Matthieu. Tss. »

    Et il disparu dans l'arrière boutique. Rikita se tourna vers moi. Elle n'était pas plus croyante que les autres, mais mon Père, lui... Je m'attendais à la raclée de ma vie, mais plutôt que ça, j'ai eu droit au regard froid, et il m'a renvoyé dans la voiture. J'ai traînais les pieds, secondé par Eliott. On avait la trouille de mourir. Vous savez, quand on a un père comme Clayton Clash, on évite souvent de le décevoir.
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